ÉDITO

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit en 2012 la violence sexuelle comme

« Tout acte sexuel, tentative pour obtenir un acte sexuel, commentaire ou avances de nature sexuelle, ou actes visant à un trafic ou autrement dirigés contre la sexualité d’une personne en utilisant la coercition, commis par une personne indépendamment de sa relation avec la victime, dans tout contexte, y compris, mais sans s’y limiter, le foyer et le travail. »

La coercition peut inclure :

  • le recours à la force à divers degrés,
  • l’intimidation psychologique,
  • le chantage,
  • les menaces (de blessures corporelles ou de ne pas obtenir un emploi/une bonne note à un examen, etc.).

La violence sexuelle peut également survenir lorsque la personne agressée est dans l’incapacité de donner son consentement – parce qu’elle est ivre, droguée, endormie ou atteinte d’incapacité mentale, par exemple.

La fréquence des violences sexuelles concerne de par le monde les femmes, les enfants, mais aussi les hommes. Seuls 10 % des victimes environ semblent porter plainte. La consultation pour violences sexuelles est l’une des plus délicate car le praticien est alors le trait d’union entre le médico-légal, le social et le psychologique. Cette consultation est à ce point complexe que 70 % des praticiens aux États-Unis estiment ne pas être suffisamment compétents pour l’accueil de victime d’agression sexuelle, voire pour comprendre les enjeux psychosociaux et familiaux des violences sexuelles.

L’objectif de ce congrès sur les violences sexuelles sera d’apporter un éclairage sur la complexité de cette problématique, ainsi que sur les modalités d’expression de la violence sexuelle, ses déterminants et ses conséquences. Par leurs caractères protéiformes, les violences sexuelles concernent des acteurs de tous bords, qu’ils soient médecins, magistrats, policiers, psychologues, psychiatres ou éducateurs. La collaboration n’est pas toujours évidente entre tous ces acteurs et les modes d’actions et d’interventions parfois aux antipodes les uns des autres. C’est dans ce contexte qu’il nous a semblé important de faire un point pour comprendre les évolutions sociétales des violences sexuelles dans notre société, et proposer un éclairage interdisciplinaire pour que les victimes, mais aussi les agresseurs puissent bénéficier des meilleures prises en charge possibles. Et ainsi contribuer humblement, à une meilleure compréhension d’un phénomène d’une actualité qui invariablement traverse les époques et les sociétés.

C’est avec grand plaisir que nous vous attendons à Luxembourg-Ville, les 15 et 16 novembre prochains.

Le comité scientifique et d’organisation