Violences sexuelles : déracinement, migration et exil – Thames Borges

Les guerres qui se déroulent depuis toujours, au nom des  croyances, des dieux, des religions, du pouvoir, de l’argent et de la politique, ces guerres ne nous appartiennent pas, ni celles d’hier, ni celles de demain.

Les différences de nationalité, de cultures, de loi, d’idées, ne peuvent  pas être pensées comme des raisons de faire la guerre, ni hier, ni aujourd’hui.

Mais les guerres sont là avec leur violence  et leur cruauté en  violant, en tuant des corps et en détruisant des âmes.

L’exil est une occupation cruelle. Laisser toute sa vie derrière soi, aucun vide n’est plus pesant.

L’exil est une fuite vers une impasse.

Si l’émigration  relève d’une décision de partir, l’exil relèverait plutôt d’une décision de ne pas rester.

L’exil c’est choisir de ne pas entrer dans cette guerre et de ne pas être l’ennemi. La souffrance et les traumas accompagnent les familles dans les routes d’exil. L’effroi et le trauma  bloquent la pensée et  empêchent la parole.

Durant le voyage, sur la route de l’exil, une voiture  se renverse devant soi et explose après une salve de tirs ou quelqu’un trébuche accidentellement sur le cadavre d’un frère. La route est parsemée des dangers et des personnes dangereuses qui rendront le chemin plus périlleux encore. Les passeurs, les chantages, les viols, l’ esclavage, les meurtres.

Ah! Le viol ! La violence sexuelle ! Quelle arme infecte laissant des corps morcelés et tachés par la honte et la souffrance,  pour des générations et des générations.

Il faut nommer les drames et les bourreaux ! Le silence et les secrets ne guérissent jamais les traumas.

Les récits de vie, du passé, du présent, des drames  et des rêves amortissent les ressentis et la souffrance. La narrativité permet qu’une goutte de souffrance se dilue  dans les mots.

Se raconter ! Est-ce la reconnaissance d’un vécu traumatique, d’un statuts de victime   ou simplement se retrouver soi-même, soit  ce qu’il en reste après les conflits et les violences infligés ?

Nous vous raconterons le processus de soin et  de réconciliation avec soi-même ; la recherche d’un sens à la vie ; l’envahissement par les atrocités de la guerre et de la violence ; la victimisation et l’envie de vivre.

À travers  l’écriture, une lecture humaniste et transculturelle de l’insensé  est proposée où chacun est l’acteur et l’auteur de son histoire dans la co-construction des textes, des histoires, d’un sens, dans la vie et d’un monde meilleur.

Un approche clinique adapté au contexte culturel et à la souffrance de l’autre s’avère nécessaire  pour aider à cicatriser les blessures en utilisant les mots comme pansements pour soigner  l’insupportable et l’impensable.

L’approche transculturelle propose la co-construction d’une alliance entre la famille, le milieu et les représentations singulières et collectives. Dans le cadre des consultations transculturelles les  familles en souffrance, les victimes de la violence peuvent exprimer leur imaginaire collectif sur la condition psychique dont le demandeur ou la personne en souffrance est porteur.  De plus, ces personnes, ces familles, victimes des traumatismes  recherchent un sens,  à la souffrance vécue, qui peut lier des éléments culturels, intrapsychiques, transgénérationnels, collectifs et transcendantaux. Souvent, ils considèrent que cette souffrance psychique, le trauma issu de la violence n’est pas une maladie, mais un ensemble de circonstances sociales, familiales, un continuum de explications relativement hétérogènes. Il existe un patchwork d’étiologies sur les causes d la violence, mais surtout sur la transmission de cette violence au-delà des générations. Dans ce cas, les parties de la subjectivité errent à la recherche d’un sens perdu.

La narrativité chemin faisant ;  des mots s’écrivent  sur des pages blanches et viennent exprimer les  vécus, dire les traumas et les désarrois, mais aussi l’espoir d’une vie en paix, sans guerre ou violence. À travers des regards cliniques croisés, s’établie une enveloppe de soin propice à la reconstruction de ces vies déchirées par les traumatismes migratoires. Patchwork d’histoires, trajectoires, regards, langues, cultures, explications, étiologies qui nous aident à reconnecter les mondes autrefois déconnectés et redonner un sens à la vie.

*Thames Borges & **Marie Rose Moro

Posted by admin4199

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