admin4199

Psychologie Positive en contexte professionnel : une injonction au bonheur ? – Cyril Tarquinio

Vendredi 17 mai 2019, 11h45>12h30

On est en droit de se demander si la Psychologie Positive n’est pas tombée dans le piège du bonheur à tout prix. En effet, force est de constater que de plus en plus d’entreprises se sont appropriées certaines dimensions de cette discipline, le plus souvent celles qui les intéressaient, au détriment d’autres moins consensuelles (précarité du travail, accélération de la vie, stress au travail,…) Les plus intéressantes pour les entreprises et le management sont celles de bien-être au travail, de santé au travail, d’optimisme, de motivation, de force… Est-ce un heureux hasard ? Comment et pourquoi en quelques années nous sommes passés d’une problématique de la souffrance au travail à une problématique du bien-être au travail ? Comment doit-on interroger cette dynamique des entreprises qui s’intéressent de plus en plus à ce que nous avons de plus intime : notre santé ? Comment une telle dynamique impacte-t-elle non seulement le travail, les salariés mais aussi l’exercice du mangement ? Le message de la PP a souvent été dévoyé et on peut se demander à qui en revient la responsabilité ? La PP apparait comme un levier nouveau pour mettre la main sur la santé. Cela tombe bien la santé est à la mode. Tout est fait dans notre société pour la santé. On mange, on bouge, on médite, on court, on prie, on fait l’amour, non pas parce que c’est bien et « jouissif », mais parce que c’est bon pour la santé. Même la table est devenue la nouvelle « officine » en vogue. Nous mangeons pour ne pas tomber malade ou pour préserver notre capital devenu le plus cher : notre santé. Même les aliments sont devenus les nouveaux médicaments du siècle ! Plus de place pour le plaisir, la jouissance et les excès. Tout est compté, le nombre de pas faits par jour, nos battements cardiaques, nos heures de sommeil, notre niveau de stress, notre poids, le taux de graisse et de muscle, les calories ingérées, le nombre de fois où nous faisons l’amour… tout est passé dans la moulinette de la e-santé personnelle. Tout cela est si bien intégré dans nos cerveaux de mieux en mieux formatés que nous nous soumettons nous-même à une observation journalière des plus intrusive, qui si elle était venue de l’extérieure aurait été rejetée et aurait provoqué une indignation immense au nom du respect de notre liberté et de l’accès à nos données personnelles. Nos téléphones et autres tablettes sont devenus les nouvelles prothèses d’une conscience moderne externalisée que l’Intelligence Artificielle améliore chaque jour pour notre bien. Une exo-conscience à laquelle nous sommes disons-le, de plus en plus asservi ! La meilleure aliénation, la meilleure soumission, est celle librement consentie, l’aliénation de soi par soi est quand même ce qui fonctionne le mieux. La pire des soumissions en fait… L’engouement pour la pleine conscience en entreprise par exemple procède de ce nouvel engouement et c’est à n’en pas douter ce qui contribue aussi à son succès. Plus de Dieu ou d’idéologie pour guider nos vies dans nos sociétés occidentales, c’est la santé et sa préservation qui sont devenues le nouveau crédo à la mode. Les entreprises n’y sont bien entendu pour rien, mais elles ont su profiter de l’opportunité pour se mettre en phase avec des revendications bien plus faciles à satisfaire. Au fond être pour la santé, c’est comme être contre l’injustice, cela a pour effet de fédérer le plus grand nombre et de faire consensus. Pour autant, n’y a-t-il pas derrière de telles approches des relents idéologiques à peine dissimulés. Ces approches, y compris pour la pleine conscience consiste d’abord à se préoccuper de soi avant tout. C’est une santé pour soi-même dont il est question. Il n’y a pas derrière ces approches d’ambition ou de projet sociétal. Il s’agit en fait de donner les outils à chacun pour être autonome et gérer son rapport au monde. Au fond on pourrait même penser que cette question du bien-être à tout prix et une forme d’apogée du capitalisme. C’est un bien-être par soi et pour soi, où il s’agit même de transformer les salariés en mini-entrepreneurs devenus responsables de ce qu’ils sont, de ce qu’ils font, de ce qui leur arrive. Plus d’excuse, il ne s’agira plus de se plaindre. En même temps on ne peut que comprendre l’engagement des salariés dans cette nouvelle idéologie de la préservation de la santé. Tout simplement parce que cet apogée du capitalisme a clairement fixé les règles du jeu. Chacun sait qu’il ne peut compter que sur lui-même. Fini les collectifs de travail, fini les collègues bienveillants, fini les hiérarchiques impliqués dans le travail des salariés. Chacun de nous ne peut compter que sur lui-même pour faire son chemin. Nous sommes donc seul pour faire face à ce que nous impose la vie sans possibilité de prendre appui sur qui que ce soit. Alors la santé est bien devenue un capital dont on ne peut se passer. Tenir le coup dans des environnements professionnels de plus en plus contraint est devenu le nouveau défi à relever.

Posted by admin4199 in Psychologie Positive

Des ressources psychologiques aux interventions en psychologie positive – Antonia Csillik

Jeudi 16 mai 2019, 15h30>16h15

Bien que le souhait d’être heureux soit souvent exprimé par les personnes qui consultent, il a pourtant été négligé pendant longtemps en psychologie clinique. De plus les ressources dont disposent les personnes ont rarement fait l’objet de travaux de recherche. Le courant de pensée de la psychologie positive propose un nouvel abord, où il s’agit de les aborder et de prévenir et/ou soigner les troubles mentaux sous un angle radicalement différent : en cultivant les ressources psychologiques, le bien-être, les émotions positives, et le sens de la vie plutôt qu’en visant uniquement la réduction des symptômes. L’objectif de ce chapitre est de faire le point sur les principales ressources psychologiques et les interventions qui permettent de les cultiver. Seront présentés des travaux de recherche récents portant sur ces questions, sur des populations françaises ainsi que les perspectives de ces travaux et applications.

Posted by admin4199 in Psychologie Positive

Promouvoir l’activité physique à des fins de santé et de bien-être – Damien Tessier

Jeudi 16 mai 2019, 11h45>12h30


Si des rapprochements entre la psychologie positive et la psychologie du sport ont été opérés ces dernières années (voir Brady et Grenville-Cleave, 2018), la question de la promotion de l’Activité Physique (AP) à des fins de santé, n’a pour l’instant pas encore été investie par la psychologie positive. Bien que la littérature scientifique mette en évidence de multiples effets bénéfiques de l’AP sur la santé (e.g., prévention des risques cardio-vasculaires, d’obésité, de diabète, de cancers) et le bien-être (e.g., réduction de l’anxiété et de la dépression, et amélioration de l’humeur et de l’image corporelle), le niveau d’adhésion à l’AP reste faible dans les pays industrialisés : 60 % des européens sont insuffisamment actifs et la proportion de ceux qui ne pratiquent jamais d’AP est passée de 39 % en 2009 à 46 % en 2017. La France ne fait pas exception à cette tendance. Face à ce constat, des programmes de promotion de l’AP ont été implémentés sur la base de leviers sociocognitifs (e.g., augmenter les intentions de faire de l’AP, le sentiment d’auto-efficacité) issus des modèles de changement de comportement (e.g., la théorie sociale cognitive, la théorie du comportement planifié, le modèle transthéorique du changement). Ces modèles n’expliquant qu’une part de variance limitée du comportement, de nouvelles approches valorisant des leviers de nature affective (e.g., la théorie du mode dual) ont émergé. Loin d’opposer ces deux types d’approches, des perspectives prometteuses intégrant des leviers sociocognitifs et affectifs ont été récemment proposées à travers la théorie affective–réflexive de l’inactivité physique et de l’exercice (Brand et Ekkekakis, 2018).

Posted by admin4199 in Psychologie Positive

Pleine conscience : un facteur d’adaptation face au stress des étudiants – Marion Trousselard

Mercredi 15 mai 2019, 14h15>15h00

La population des étudiants est confrontée à des stresseurs répétés favorisant l’émergence d’un stress chronique que l’on sait délétère pour la santé à moyen et long termes. La disposition de pleine conscience caractérise une manière de faire face aux stresseurs soutenant une bonne adaptation au stress chronique. Nous avons conduit deux études visant à mieux caractériser les mécanismes psycho-cognitifs de ce fonctionnement. Les résultats obtenus chez des étudiants de première année académique confirment que la disposition de pleine conscience est associée à un profil psychologique protecteur en termes de ressources et de santé psychique. Les étudiants caractérisés par un haut niveau de disposition de pleine conscience explorent leur environnement visuel de façon ample et indépendante de la valence émotionnelle de l’image.

Posted by admin4199 in Psychologie Positive

Economie et psychologie positive – Saphia Larabi et Alexandre Jost

Vendredi 17 mai 2019, 10h15>10h30

Qu’est-ce qui nous rend heureux ? Psychologues et économistes partagent leurs réponses pour comprendre le bonheur, le définir, le mesurer, l’amplifier. Progressivement, la psychologie positive irrigue l’économie offrant différents champs d’application et d’implication dans la sphère sociétale, politique et économique. Le récent changement de nom du groupe PlaNet finance en Positive Finance est un exemple saisissant. Ce changement illustre le courant de transformation qui saisit le domaine de l’économie. Ce faisant, cette ONG créée par Jacques Attali, président du Positive Economy Forum, élargit sa mission de lutte contre la pauvreté via la microfinance à l’accompagnement des populations fragiles à l’autonomie et une meilleure inclusion économique, sociale et environnementale. Pour l’auteur du Manifeste pour une économie positive, il s’agit de transformer l’économie par des considérations supérieures, qu’il s’agisse des objectifs de développement durable ou d’altruisme, guidées par l’intention de créer un monde meilleur pour les générations futures. Aussi bien, constate-t-on l’émergence de valeurs prépondérantes tant au niveau individuel que pour les entreprises, les collectivités, l’État destinées à transformer positivement la société. Ainsi, la psychologie positive infuse l’économie dans toutes les dimensions du vivre ensemble : éducation, santé, écologie, finance, gouvernance démocratique, changement climatique, innovation… Dès lors, il convient d’examiner les indices d’une infusion croissante de la psychologie positive dans le domaine de l’économie et les différentes incidences constatées nées de l’influence de l’économie du bonheur afin de mieux comprendre le bonheur, identifier les circonstances dans lesquelles les gens tendent à être heureux, et créer des conditions favorables à l’épanouissement pour tous.

Posted by admin4199 in Psychologie Positive

Le modèle des 3I pour appréhender le bonheur – Gaël Brulé

Vendredi 17 mai 2019, 14h00>14h15


La sociologie est relativement peu représentée dans les sciences du bonheur, en comparaison des autres disciplines des sciences sociales. Raisons épistémologiques, théoriques et pratiques font que les sociologues ne sont pas toujours à l’aise avec ce sujet, voire parfois refusent de le considérer. Pourtant la sociologie a beaucoup à apporter à une vision très individualiste, centrée sur l’individu qui imprègne l’épistémè actuel des sciences du bonheur. Repartant du fait que l’individu est inextricablement pénétré par les différents tissus sociaux qu’il fréquente et s’appuyant sur les dimensions sociales du bonheur, le chapitre présent propose un modèle tridimensionnel du bonheur.

Posted by admin4199 in Psychologie Positive

La psychologie positive au travail – Jacques Lecomte

Vendredi 17 mai 2019, 10h00>10h15


Les trois niveaux de l’expérience humaine analysés par la psychologie positive (personnel, interpersonnel, institutionnel) s’appliquent parfaitement au monde des organisations. Ce chapitre décrit donc les processus et les effets d’attitudes et de valeurs telles que le bonheur et le fluc, la motivation (niveau personnel) ; la confiance, la coopération et l’esprit de service (niveau interpersonnel) ; la responsabilité environnementale et la finalité des organisations (niveau organisationnel). La synthèse d’études présentées dans cette communication permet de conclure qu’il est possible de trouver du sens et du bonheur dans son travail, et que les entreprises où il fait bon vivre existent et sont tout aussi rentables – souvent plus rentables – que les autres.

Posted by admin4199 in Psychologie Positive

Psychologie positive, cognition et neurosciences – Elisabeth Grimaud

Jeudi 16 mai 2019, 14h00>14h15


L’imagerie cérébrale a fait des progrès considérables ces dernières décennies. Les techniques utilisées offrent un champ d’exploration nouveau et prometteur. La neuroimagerie offre à la psychologie positive des outils précis pour mieux comprendre et décrire le fonctionnement optimal de l’individu. Elle lui permet d’avancer sur la base d’observations factuelles du fonctionnement cérébral. Quelles avancées les neurosciences proposent-elles à la psychologie positive ? Le cadre de ce chapitre ne permet pas de répondre de manière exhaustive à cette question. Nous présenterons néanmoins quatre domaines d’études dans le but de mieux comprendre les perspectives d’apports des neurosciences pour la psychologie positive. Les recherches sur la motivation nous permettront d’appréhender la contribution descriptive des neurosciences. Celles sur la Mindfulness nous aideront à entrevoir les enjeux fonctionnels. L’exemple des travaux sur l’empathie permettra de comprendre comment les neurosciences aident à faire évoluer les concepts. Enfin, les études sur la réserve cognitive permettront de saisir quelques perspectives applicatives, notamment l’impact des recherches en neurosciences sur l’évolution des interventions cognitives dans le cadre du vieillissement.

Posted by admin4199 in Psychologie Positive

Bienveillance et éducation – John-Taylor Binfet et Annie Paquet

Mercredi 15 mai 2019, 16h30>16h45


La bienveillance à l’école pourrait être un axe de réflexion face à des constats scolaires accablants (diminution du sentiment d’efficacité personnel, des émotions positives par exemple). Cela est d’autant plus important que la bienveillance s’inscrit désormais dans les programmes de l’éducation nationale. Mais qu’est-ce que la bienveillance ?

En partant de la gentillesse et en passant par l’altruisme, nous montrerons que la bienveillance est une valeur qui vise le bien-être des autres, à l’origine (parfois) de nos comportements de gentillesse. Plus spécifiquement dans le contexte scolaire, elle devient une attitude pour soutenir les élèves tant dans leurs apprentissages académiques que dans leurs compétences transversales en contribuant de manière générale à leur bien-être et leur réussite (Marsollier, 2018). Si des auteurs se penchent actuellement sur la question de la bienveillance à l’école (Marsollier & Jellab, 2018 ; Masson, 2018), des recherches scientifiques, complémentaires et systématiques sur la gentillesse et la bienveillance s’avèrent indispensables. Nous parlerons des perceptions des élèves sur ce qu’est la gentillesse. Pour les enfants scolarisés, la gentillesse se définit notamment par la démonstration de respect, l’aide physique et l’aide émotionnelle. Nous souhaitons donner un état des lieux des recherches scientifiques sur la gentillesse et la bienveillance en général et plus spécifiquement à l’école. Il se conclue par de nombreux questionnements en termes de bienveillance et climat de classe, bienveillance et satisfaction à l’école, bienveillance et motivation des élèves.

Posted by admin4199 in Psychologie Positive